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Procédure de l'UE concernant les dérogations temporaires pour l'importation de végétaux et de produits végétaux

  • Exempted plants
  • Plant health
  • Plant health certification

Résumé

La Commission européenne prépare un nouveau règlement qui définit comment les pays non membres de l'Union européenne (UE) doivent demander officiellement des dérogations temporaires aux interdictions d'importation de produits phytosanitaires de l'UE ou à des exigences spécifiques en matière d'importation. Le texte proposé formalise et renforce la procédure que les pays doivent suivre lorsqu'ils demandent un accès temporaire au marché ou une certaine flexibilité pour les végétaux et les produits végétaux qui sont autrement interdits ou restreints en vertu de la loi phytosanitaire de l'UE.

La Commission européenne va définir comment les pays tiers doivent demander des dérogations temporaires aux interdictions d'importation de produits phytosanitaires ou aux exigences spécifiques

Projet de règlement délégué (UE) de la Commission complétant le règlement (UE) 2016/2031 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne la procédure à suivre pour accorder des dérogations temporaires à l'interdiction prévue à l'article 40, paragraphe 1, et aux exigences visées à l'article 41, paragraphe 1, dudit règlement

Mise à jour

La Commission européenne prépare un nouveau règlement qui définit comment les pays non membres de l'Union européenne (UE) doivent demander officiellement des dérogations temporaires aux interdictions d'importation de produits phytosanitaires de l'UE ou à des exigences spécifiques en matière d'importation. Le texte proposé formalise et renforce la procédure que les pays doivent suivre lorsqu'ils demandent un accès temporaire au marché ou une certaine flexibilité pour les végétaux et les produits végétaux qui sont autrement interdits ou restreints en vertu de la loi phytosanitaire de l'UE.

Produits concernés

Plantes et produits végétaux

qu'est-ce qui change ?

L'UE propose de normaliser les modalités de demande et d'évaluation des dérogations temporaires (exemptions autorisées) aux interdictions d'importation de produits phytosanitaires ou aux exigences spécifiques en matière d'importation. Toute demande de dérogation temporaire devra suivre une procédure juridique et scientifique clairement définie.

Selon la procédure proposée, les demandes de dérogation temporaire doivent être officiellement présentées par l'Organisation nationale de la protection des végétaux (ONPV) du pays exportateur.

Aucune dérogation ne peut être examinée sans cette demande officielle, qui doit clairement

  • indiquer les règles d'importation de l'UE pour lesquelles la dérogation est demandée
  • expliquer pourquoi la dérogation est nécessaire
  • être étayée par des informations et des données techniques pertinentes
  • être accompagnée d'un dossier technique complet et d'un bref résumé de son contenu.

Le dossier technique doit être préparé conformément à la méthodologie utilisée par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) pour l'évaluation des végétaux à haut risque(EFSA 2018) et doit comprendre, entre autres, les éléments suivants

  • une description de la plante ou du produit et de son processus de production
  • l'identification de tous les organismes nuisibles potentiellement associés au produit dans le pays exportateur
  • les mesures et inspections phytosanitaires existantes
  • la preuve que le risque peut être ramené à un niveau acceptable
  • l'identification claire des informations commerciales confidentielles (le cas échéant).

Cette proposition relève considérablement le niveau des exigences techniques qui seront attendues des pays exportateurs, à l'instar d'une évaluation des risques liés aux produits de base(EFSA 2019).

L'évaluation des demandes deviendra plus systématique et plus scientifique. La Commission européenne vérifiera d'abord que le dossier est complet et solide. Si nécessaire, elle demandera une évaluation scientifique des risques au cours de laquelle l'EFSA pourra contacter directement l'ONPV pour obtenir des données supplémentaires. Une dérogation temporaire ne sera accordée que s'il est démontré que le risque phytosanitaire peut être ramené à un niveau acceptable par des mesures d'atténuation appropriées.

Un autre changement concerne la transparence et le traitement des données. La proposition de règlement précise quelles informations peuvent être considérées comme confidentielles, tout en notant que les considérations de confidentialité ne peuvent pas limiter les informations nécessaires à l'évaluation du risque phytosanitaire. Les conclusions scientifiques seront publiées, ce qui renforcera la transparence et exposera les preuves à un examen minutieux.

Cette proposition de règlement marque le passage d'une gestion souple et au cas par cas des dérogations à un système structuré et fondé sur des preuves.

pourquoi ?

En formalisant la manière dont les demandes sont soumises et évaluées, l'UE vise à garantir que toutes les dérogations sont fondées sur des preuves scientifiques cohérentes et des évaluations de risques comparables.

Calendrier

Le règlement devrait être publié en juin 2026 et s'appliquera 20 jours après sa publication.

quelles sont les principales implications pour les pays exportateurs ?

Cette proposition clarifie les attentes de l'UE, mais exige également une plus grande préparation, une meilleure coordination des ONPV et un investissement plus précoce dans la surveillance des organismes nuisibles et la documentation pour les pays exportateurs non membres de l'UE qui souhaitent obtenir un accès temporaire au marché de l'UE.

Actions recommandées

Les pays exportant vers l'UE sont encouragés à donner leur avis sur ce projet de règlement.

Contexte

En vertu de la loi phytosanitaire de l'UE (règlement 2016/2031), certains végétaux et produits végétaux sont interdits d'entrée dans l'UE parce qu'ils présentent un risque phytosanitaire inacceptable (art. 40). D'autres végétaux et produits peuvent être importés, mais uniquement s'ils sont conformes aux exigences spécifiques liées aux organismes nuisibles définies par l'UE (art. 41).

La loi phytosanitaire reconnaît que, dans des situations exceptionnelles et justifiées, ces interdictions ou exigences peuvent être temporairement levées. L'article 42 bis permet à l'UE d'accorder des dérogations temporaires, à condition que le risque phytosanitaire soit correctement évalué et puisse être géré efficacement par des mesures appropriées. Dans certains cas, une demande doit être introduite par un pays non membre de l'UE.

Un bilan des cinq premières années d'application de la loi phytosanitaire de l'UE a mis en évidence la nécessité de clarifier, de simplifier et d'harmoniser plusieurs procédures d'importation liées à la santé des végétaux(Conseil de l'UE 2024). Les différences de mise en œuvre entre les États membres de l'UE, les charges administratives et l'absence de procédures claires pour des questions telles que les listes de produits à haut risque, les dérogations temporaires et l'équivalence ont créé des incertitudes tant pour les autorités de l'UE que pour les partenaires commerciaux non européens. (Voir la révision de la législation phytosanitaire de l'UE)

Ressources

Conseil de l'UE (2024) Législation phytosanitaire : Le Conseil et le Parlement parviennent à un accord pour simplifier et renforcer les règles actuelles. Communiqué de presse, 5 mars.

EFSA (2018) Informations requises pour les dossiers à l'appui des demandes d'importation de végétaux, produits végétaux et autres objets à haut risque. Publication de soutien de l'EFSA, EN-1492.

EFSA (2019) Guidance on commodity risk assessment for the evaluation of high risk plants dossiers. EFSA Journal, 17(4) : e05668.

CIPV (2023) Glossaire des termes phytosanitaires. NIMP 5. Normes internationales pour les mesures phytosanitaires. Rome : Convention internationale pour la protection des végétaux.

Règlement (UE) 2016/2031 relatif aux mesures de protection contre les organismes nuisibles aux végétaux (loi phytosanitaire).

Sources

Projet de règlement délégué de la Commission concernant la procédure à suivre pour accorder des dérogations temporaires

Clause de non-responsabilité : COLEAD ne peut en aucun cas être tenu responsable des pertes, dommages, responsabilités ou dépenses encourus ou subis qui résulteraient de l'utilisation des informations disponibles sur ce site web ou de tout lien vers des sites externes. L'utilisation du site web se fait aux seuls risques et responsabilités de l'utilisateur. Cette plateforme d'information a été créée et maintenue avec le soutien financier de l'Union européenne. Son contenu ne reflète toutefois pas le point de vue de l'Union européenne.

La Commission européenne va définir comment les pays tiers doivent demander des dérogations temporaires aux interdictions d'importation de produits phytosanitaires ou aux exigences spécifiques

Draft Commission Delegated Regulation as regards the procedure to be followed to grant temporary derogations

qu'est-ce qui change et pourquoi ?

L'Union européenne (UE) propose de normaliser les modalités de demande et d'évaluation des dérogations temporaires (exemptions autorisées) aux interdictions d'importation de produits phytosanitaires ou aux exigences spécifiques en matière d'importation. Toute demande de dérogation temporaire devra suivre une procédure juridique et scientifique clairement définie.

Selon la procédure proposée, seule l'organisation nationale de la protection des végétaux (ONPV) du pays exportateur peut soumettre une demande, et celle-ci doit être étayée par un dossier technique complet préparé selon la méthodologie utilisée par l'Autorité européenne de sécurité des aliments. Les demandes informelles ou simplifiées ne seront plus suffisantes.

Les demandes seront évaluées selon un processus structuré et fondé sur des données scientifiques. La Commission européenne vérifiera le dossier et, le cas échéant, demandera une évaluation scientifique des risques. Une dérogation ne sera accordée que si le risque phytosanitaire peut être ramené à un niveau acceptable par des mesures appropriées.

La modification proposée apporte plus de clarté et de prévisibilité, mais elle pose également des exigences techniques plus élevées et implique davantage d'efforts de préparation et de ressources pour les pays exportateurs non membres de l'UE qui souhaitent bénéficier d'un accès temporaire au marché de l'UE.

Actions

Les pays exportant vers l'UE sont encouragés à donner leur avis sur ce projet de règlement.

Calendrier

Le règlement devrait être publié en juin 2026 et s'appliquera 20 jours après sa publication.

Clause de non-responsabilité : COLEAD ne peut en aucun cas être tenu responsable des pertes, dommages, responsabilités ou dépenses encourus ou subis qui résulteraient de l'utilisation des informations disponibles sur ce site web ou de tout lien vers des sites externes. L'utilisation du site web se fait aux seuls risques et responsabilités de l'utilisateur. Cette plateforme d'information a été créée et maintenue avec le soutien financier de l'Union européenne. Son contenu ne reflète toutefois pas le point de vue de l'Union européenne.