Mesures nationales françaises de LMR pour le carbendazime, le thiophanate-méthyl, le glufosinate et le mancozèbe
Résumé
Le 7 janvier 2025, le gouvernement français a publié un arrêté suspendant l'importation et la vente de certaines denrées alimentaires (brutes ou transformées, y compris certains fruits, légumes, graines de soja, céréales et miel) provenant de l'extérieur de l'Union européenne (UE) si elles contiennent les pesticides suivants dont l'utilisation n'est pas approuvée dans l'UE : carbendazime (y compris la somme du carbendazime et du bénomyl), thiophanate-méthyle, glufosinate et mancozèbe.
Cet arrêté s'appliquera à partir du 8 février 2026. Il ne s'applique qu'aux denrées alimentaires mises sur le marché français, et non aux denrées alimentaires mises sur le marché d'autres États membres de l'UE.
Les États membres de l'UE ne sont autorisés par le droit communautaire à prendre des mesures nationales d'urgence qu'en cas de risque grave évident pour la santé humaine. L'ordonnance a été notifiée à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) le 9 janvier 2026.
La France interdit l'importation de certains aliments contenant des résidus de carbendazime, de thiophanate-méthyl, de glufosinate et de mancozèbe
Arrêté du 5 janvier 2026 portant suspension d'importation, d'introduction et de mise sur le marché à titre gratuit ou onéreux, en France, de denrées alimentaires provenant de pays tiers à l'Union européenne contenant des résidus de certaines substances actives phytopharmaceutiques interdites d'utilisation dans l'Union européenne
Mise à jour
Le 7 janvier 2025, le gouvernement français a publié un arrêté suspendant l'importation et la vente de certaines denrées alimentaires (brutes ou transformées, y compris certains fruits, légumes, graines de soja, céréales et miel) provenant de l'extérieur de l'Union européenne (UE) si elles contiennent les pesticides suivants dont l'utilisation n'est pas approuvée dans l'UE : carbendazime (y compris la somme du carbendazime et du bénomyl), thiophanate-méthyle, glufosinate et mancozèbe.
Cet arrêté s'appliquera à partir du 8 février 2026. Il ne s'applique qu'aux denrées alimentaires mises sur le marché français, et non aux denrées alimentaires mises sur le marché d'autres États membres de l'UE.
Les États membres de l'UE ne sont autorisés par le droit communautaire à prendre des mesures nationales d'urgence qu'en cas de risque grave évident pour la santé humaine. L'ordonnance a été notifiée à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) le 9 janvier 2026.
Produits concernés
Pamplemousses, oranges, citrons, limes, clémentines/tangerines, pommes, poires, coings, loquats, autres fruits à pépins, abricots, cerises (douces), pêches, prunes, avocats, raisins de table, raisins de cuve, mangues, papayes, cassis, fraises, tomates, aubergines, gombos, choux de Bruxelles, haricots (non écossés), pois (non écossés), champignons de couche, pommes de terre, poivrons, melons, laitues, soja, orge, avoine, seigle, blé, miel et autres produits de l'apiculture
qu'est-ce qui change ?
Le 7 janvier 2025, le gouvernement français a publié un arrêté suspendant l'importation et la vente de certaines denrées alimentaires provenant de l'extérieur de l'UE si elles contiennent certains pesticides dont l'utilisation n'est pas approuvée dans l'UE. L'intégralité de l'arrêté peut être consultée ici.
Cette mesure prise par les autorités françaises concerne les pesticides suivants et leurs niveaux de résidus autorisés dans certaines denrées alimentaires (brutes ou transformées). Les limites maximales de résidus (LMR) seront fixées à la limite de quantification (LQ) pour les substances suivantes : carbendazime (y compris la somme du carbendazime et du bénomyl), thiophanate-méthyle, glufosinate et mancozèbe. Les denrées alimentaires concernées sont énumérées dans le tableau 1. En France, l'importation et la mise sur le marché de ces denrées alimentaires seront interdites si elles contiennent des résidus de l'un de ces pesticides. Cette mesure ne s'applique qu'au marché français ; les LMR françaises nouvellement établies ne seront donc pas alignées sur les LMR européennes actuellement en vigueur dans les autres États membres de l'UE (voir ci-dessous).
Cet arrêté entrera en vigueur le 8 janvier 2026, et un délai de grâce d'un mois est prévu avant son application. Cette période de transition très courte laisse peu de temps aux producteurs et aux négociants pour s'adapter à ces nouvelles exigences. La Commission européenne examinera la décision française le 20 janvier. L'arrêté a été notifié à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) le 9 janvier 2026. Les détails sur les pesticides concernés et leur statut actuel au sein de l'UE sont les suivants.
Carbendazime + bénomyl et thiophanate méthyle
L'utilisation du carbendazime (carbendazime + bénomyl) et du thiophanate-méthyle n'est plus autorisée dans l'UE, les fabricants n'ayant pas demandé leur réapprobation. Lorsque les substances ne sont pas réapprouvées, les LMR sont fixées à la limite de quantification, sauf pour les produits pour lesquels une LMR basée sur des utilisations en dehors de l'UE (une tolérance à l'importation) est considérée comme sûre dans une évaluation des risques réalisée par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Des tolérances à l'importation étaient en place pour ces deux substances dans les agrumes, les mangues, les papayes et les gombos.
En 2024, à la suite d'une révision de ces LMR par l'EFSA qui a identifié des risques aigus pour la santé des consommateurs, la Commission européenne a proposé de réduire ces LMR à la limite de quantification pour certaines tolérances à l'importation :
- le carbendazime dans les pamplemousses, les oranges, les papayes et les mangues
- le thiophanate-méthyl dans les pamplemousses, les oranges, les mandarines, les papayes et les mangues.
En ce qui concerne les autres tolérances à l'importation existantes pour d'autres denrées alimentaires, l'EFSA a conclu qu'il n'y avait pas de risque pour les consommateurs et qu'il convenait de maintenir les LMR, sur la base des bonnes pratiques agricoles (BPA) des pays tiers :
- le carbendazime dans les citrons, les limes, les mandarines et le gombo/les doigts de dames
- le thiophanate-méthyl dans les citrons, les limes, les gombos et les doigts de dames.
Toutefois, cette proposition 2024 a été rejetée dans son ensemble par le Parlement européen qui s'est opposé à la fixation de LMR de tolérance à l'importation pour certains aliments (voir Limites maximales de résidus pour le bénomyl, le carbendazime, le thiophanate-méthyle, le cyproconazole et le spirodiclofène). Le Parlement européen a souligné les risques pour la santé publique associés à ces substances et a également fait valoir que le fait d'autoriser la présence de résidus de pesticides interdits dans l'UE sur les aliments importés désavantageait les agriculteurs de l'UE sur le plan de la concurrence. L'objection du Parlement a empêché la Commission européenne d'adopter cette proposition, ce qui signifie que toutes les LMR de tolérance à l'importation existantes continuent de s'appliquer.
En février 2025, la Commission a publié un nouveau projet de proposition visant à abaisser les LMR à la limite de quantification pour les produits pour lesquels l'EFSA a identifié des risques aigus pour la santé des consommateurs(carbendazime et thiophanate-méthyle). L'adoption était initialement prévue pour 2025, mais elle est actuellement suspendue en raison des discussions en cours au sein de la Commission. En raison du risque élevé, les nouvelles LMR s'appliqueront trois mois après leur publication, au lieu des six mois habituels.
Les discussions sur les tolérances à l'importation restantes, pour lesquelles l'EFSA (2021) n'a pas identifié de risques pour la santé des consommateurs, sont également en cours.
Mancozèbe
Le mancozèbe appartient au groupe des dithiocarbamates qui comprend également le manèbe, le métirame, le propinèbe, le thirame et le zirame. Dans la plupart des cas, les LMR sont fixées pour l'ensemble du groupe. Bien que leur utilisation ne soit pas approuvée dans l'UE, plusieurs LMR de tolérance à l'importation pour les dithiocarbamates restent en place.
En 2024, la Commission européenne a informé l'OMC de son intention de modifier les LMR pour les dithiocarbamates dans une large gamme de produits(G/SPS/N/EU/788). Pour plus de détails sur les modifications proposées et les produits concernés, voir Limites maximales de résidus pour les dithiocarbamates.
L'EFSA (2023) a révisé les LMR pour les dithiocarbamates. La méthode analytique utilisée pour quantifier ces substances est basée sur leur conversion en disulfure de carbone (CS2). Le CS2 peut être présent naturellement dans certaines plantes et l'EFSA a utilisé les données de surveillance des produits biologiques pour identifier la teneur naturelle en CS2 de certaines plantes, qui n'est pas liée à l'utilisation de pesticides (et ne doit pas être confondue avec celle-ci).
La Commission européenne propose de fixer les LMR à la LOQ pour les produits dont l'utilisation de dithiocarbamates n'est pas autorisée dans l'UE, et s'il n'existe pas de tolérances à l'importation ou de LMR Codex (CXL). Pour les produits pour lesquels il existe des CXL ou des tolérances à l'importation et qui sont considérés comme sûrs, la Commission propose d'ajuster les LMR en conséquence.
Étant donné que des données limitées sont actuellement disponibles pour certains produits, des évaluations supplémentaires et des ajustements potentiels sont toujours en cours. L'adoption de cette proposition était initialement prévue pour 2025, mais elle est suspendue dans l'attente de nouvelles discussions au sein de la Commission.
Dans ce contexte, la décision de la Commission européenne de ne pas renouveler l'approbation du mancozèbe fait l'objet d'un litige juridique. Cette décision, fondée sur un avis de l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA), a été contestée par les producteurs de l'UE qui affirment qu'elle est basée sur des données scientifiques erronées et des erreurs de procédure, et qu'elle s'appuie sur un avis qui n'est pas juridiquement contraignant. Ce litige est en cours.
Glufosinate
L'utilisation du glufosinate n'est plus approuvée dans l'UE depuis juillet 2018, le fabricant n'ayant pas demandé sa réapprobation. Il est identifié comme candidat à la substitution.
Des LMR de tolérance à l'importation restent actuellement en place pour un certain nombre de produits. Un seul de ces produits est inclus dans le décret français : la LMR sur la pomme de terre sera réduite à la LOQ, tandis que la LMR de tolérance à l'importation applicable dans le reste de l'UE reste à 0,3 mg/kg pour les autres aliments (voir la base de données des pesticides de l'UE).
Calendrier
Cette ordonnance entrera en vigueur le 8 janvier 2026 et s'appliquera à partir du 8 février 2026. Une discussion sur cette mesure entre la Commission européenne et les États membres de l'UE aura lieu le 20 janvier 2026.
Contexte
En vertu du droit communautaire, lorsqu'un État membre de l'UE informe la Commission européenne d'un risque grave évident pour la santé humaine, la santé animale ou l'environnement et que la Commission européenne ne prend pas de mesures pour faire face à ce risque, un État membre peut adopter des mesures de protection provisoires (règlement 178/2002, articles 53 et 54). C'est la base juridique de l'ordonnance présentée par la France.
Ressources
EFSA (2021) Avis motivé sur les propriétés toxicologiques et les limites maximales de résidus (LMR) des substances benzimidazoles carbendazime et thiophanate-méthyle. EFSA Journal, 19(7) : e06773.
EFSA (2023) Review of the existing maximum residue levels for dithiocarbamates according to Article 12 of Regulation (EC) No 396/2005. EFSA Journal, 21(5) : e07987.
Règlement (CE) n° 178/2002 établissant les principes généraux et les prescriptions générales de la législation alimentaire, instituant l'Autorité européenne de sécurité des aliments et fixant des procédures relatives à la sécurité des denrées alimentaires
Sources
Arrêté du 5 janvier 2026 portant suspension d'importation, d'introduction et de mise sur le marché à titre gratuit ou onéreux, en France, de denrées alimentaires provenant de pays tiers à l'Union européenne contenant des résidus de certaines substances actives phytopharmaceutiques interdites d'utilisation dans l'Union européenne
Tableaux et figures
Source: based on Art. 1 of the French Order
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La France interdit l'importation de certains aliments contenant des résidus de carbendazime, de thiophanate-méthyl, de glufosinate et de mancozèbe
Arrêté du 5 janvier 2026 portant suspension d’importation, d’introduction et de mise sur le marché à titre gratuit ou onéreux, en France, de denrées alimentaires provenant de pays tiers à l’Union européenne contenant des résidus de certaines substances actives phytopharmaceutiques interdites d’utilisation dans l’Union européenne
qu'est-ce qui change et pourquoi ?
Le 7 janvier 2025, le gouvernement français a publié un arrêté suspendant l'importation et la vente de certaines denrées alimentaires (brutes ou transformées, y compris certains fruits, légumes, graines de soja, céréales et miel) provenant de l'extérieur de l'Union européenne (UE) si elles contiennent les pesticides suivants dont l'utilisation n'est pas approuvée dans l'UE : carbendazime (y compris la somme du carbendazime et du bénomyl), thiophanate-méthyle, glufosinate et mancozèbe.
Cette ordonnance s'appliquera à partir du 8 février 2026. Il ne s'applique qu'aux denrées alimentaires mises sur le marché français et non aux denrées alimentaires mises sur le marché dans d'autres États membres de l'UE.
Les États membres de l'UE ne sont autorisés par le droit communautaire à prendre des mesures nationales d'urgence qu'en cas de risque grave et évident pour la santé humaine. L'ordonnance a été notifiée à l'Organisation mondiale du commerce le 9 janvier 2026.
Calendrier
Cette ordonnance entrera en vigueur le 8 janvier 2026 et s'appliquera à partir du 8 février 2026. Une discussion sur cette mesure entre la Commission européenne et les États membres de l'UE aura lieu le 20 janvier 2026.
Tableaux et figures
Source: based on Art. 1 of the French Order
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